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Dette et impôts

L'arbitrage entre relance par la dépense et réduction du déficit, et la fiscalité du patrimoine.

Face au déficit public, faut-il continuer à soutenir l'activité par la dépense, ou réduire le déficit en priorité ?

Relance par la dépense ↔ Réduire le déficit en priorité

Réduire le déficit en priorité, par des économies ou des hausses d'impôts, ralentit la hausse de la dette publique (115,6 % du PIB fin 2025 selon l'Insee) mais retire du pouvoir d'achat ou des services publics à court terme. Continuer à soutenir l'activité par la dépense protège des revenus ou des services immédiatement, au prix d'un déficit qui reste élevé (5,1 % du PIB en 2025) et d'intérêts de la dette qui pèsent chaque année davantage sur le budget.

Faut-il baisser l'impôt sur le capital pour encourager l'investissement, ou taxer davantage le patrimoine et les hauts revenus ?

Baisser l'impôt sur le capital ↔ Taxer davantage le patrimoine et les hauts revenus

Taxer davantage le patrimoine et les hauts revenus dégage des recettes ciblées sur les ménages les plus aisés, qui les paient, pour financer d'autres dépenses ou réduire le déficit. Baisser l'impôt sur le capital vise à encourager l'investissement et à limiter les départs de contribuables ou de capitaux à l'étranger, un effet débattu entre économistes, mais réduit les recettes de l'État.

Propositions sur ce thème

Jean-Luc Mélenchon

Sortir de la règle européenne des 3 % de déficit et faire racheter la dette publique par la BCE.

Selon La France insoumise : Rachat de la dette publique par la BCE pour la transformer en dette perpétuelle à taux zéro.

Faisabilité : irréaliste en l'état Traités UEExige de changer les traités européens

Jean-Luc Mélenchon

Rétablir l'ISF avec un volet climatique et instaurer une taxe Zucman sur les milliardaires.

Selon La France insoumise : Rétablir et renforcer l'impôt sur la fortune avec un volet climatique. Instaurer une taxe Zucman ou un impôt plancher sur le patrimoine des milliardaires.

Faisabilité : difficile UE incertainCompatibilité avec le droit de l'UE incertaine≥ 10 Md€/anCoût estimé d'au moins 10 Md€ par an

Raphaël Glucksmann

Rediriger une partie des 211 Md€ d'exonérations et d'aides aux entreprises et réaliser 2,3 à 3 Md€ d'économies sur le fonctionnement de l'État.

Selon wikiglucksmann.fr (site tiers de suivi de campagne) : Rediriger une partie des 211 milliards d'euros d'exonérations fiscales et d'aides aux entreprises ; réaliser entre 2,3 et 3 milliards d'euros d'économies sur le fonctionnement de l'État, notamment la gestion immobilière.

Faisabilité : difficile

Raphaël Glucksmann

Taxer les méga-héritages et le 1 % le plus riche, et proposer une taxe européenne sur les ultra-riches.

Selon wikiglucksmann.fr (site tiers de suivi de campagne) : Financer la hausse du salaire net par une taxation des méga-héritages et du 1 % le plus riche ; proposer une taxe européenne des ultra-riches.

Faisabilité : difficile UE incertainCompatibilité avec le droit de l'UE incertaine≥ 10 Md€/anCoût estimé d'au moins 10 Md€ par an

Éric Zemmour

Recentrer les dépenses de l'État sur les fonctions régaliennes (défense, sécurité, justice), supprimer les subventions jugées inefficaces et réduire le nombre de fonctionnaires.

Selon ÉlyséeScope : Refocusing State Roles: focus state spending exclusively on regalian functions (defense, security, justice) while eliminating subsidies deemed inefficient.

Faisabilité : difficile

Éric Zemmour

Alléger la fiscalité sur la propriété, réformer l'impôt sur la fortune immobilière (IFI), simplifier le barème de l'impôt sur le revenu et baisser l'impôt sur les sociétés.

Selon ÉlyséeScope : Property & Wealth Tax: proposals to lighten taxes on property ownership and reform or replace the Real Estate Wealth Tax (IFI). Tax Code Reform: simplification of the tax code, reduction in the number of tax brackets, and lowering corporate tax rates.

Faisabilité : difficile

Marine Tondelier

Financer toute hausse du budget de la défense par la solidarité nationale et la fiscalité plutôt que par des coupes dans les dépenses sociales.

Selon Public Sénat : Quand on a des défis pareils, c'est la solidarité nationale qui doit jouer

Faisabilité : difficile

Marine Tondelier

Rétablir un ISF climatique, pondérant l'imposition du patrimoine selon son empreinte carbone, dans le cadre du socle fiscal porté avec le Nouveau Front populaire.

Selon Institut Montaigne : ISF climatique

Faisabilité : difficile

Marine Tondelier

Instaurer une taxe plancher de 2% sur les patrimoines de plus de 100 millions d'euros, inspirée des travaux de l'économiste Gabriel Zucman, censée concerner environ 1 800 foyers fiscaux et rapporter jusqu'à 25 milliards d'euros par an.

Selon LCI : Taxe Zucman à 2% sur les fortunes de plus de 100 millions d'euros, environ 1 800 foyers concernés, jusqu'à 25 milliards d'euros par an

Faisabilité : difficile ≥ 10 Md€/anCoût estimé d'au moins 10 Md€ par an

Marine Tondelier

Surtaxer les successions de plus de 4 millions d'euros (+10%, +10% supplémentaires au-delà de 13 millions), réduire l'exonération du pacte Dutreil de 75% à 50% et supprimer l'avantage fiscal du démembrement de propriété, pour financer notamment 4 milliards d'euros par an pendant dix ans de rénovation thermique des écoles et d'adaptation aux canicules.

Selon Le Reporter Indépendant : Surtaxe de 10% sur les successions de plus de 4 millions d'euros, 10% supplémentaires au-delà de 13 millions

Faisabilité : difficile

Fabien Roussel

Rompre avec les traités budgétaires européens et l'austérité imposée par Bruxelles, avec un plan d'investissement public de 500 milliards d'euros sur 5 ans pour la planification écologique et sociale.

Selon PCF : Pacte d'investissement de 500 milliards d'euros sur 5 ans

Faisabilité : irréaliste en l'état Droit de l'UEContraire au droit de l'UE

Fabien Roussel

Rétablir et étendre l'impôt de solidarité sur la fortune (ISF) et augmenter l'impôt sur les sociétés au-delà d'un certain seuil de profit.

Selon Fondation iFRAP : Rétablissement et extension de l'ISF

Faisabilité : difficile

Bruno Retailleau

Redresser les finances publiques de 120 Md€ d'ici 2032 uniquement par la baisse de la dépense publique, sans hausse d'impôt au-delà de celles annoncées en juillet 2025.

Selon Fondation IFRAP : Redresser les finances publiques de 120 Md€ d'ici 2032 uniquement par la baisse des dépenses et sans hausses d'impôts.

Faisabilité : difficile

Bruno Retailleau

Baisser les impôts de production de 50 Md€ tout en supprimant 50 Md€ d'aides publiques jugées improductives aux entreprises, sans créer de nouvel impôt sur le capital ou le patrimoine.

Selon Fondation IFRAP : Baisser de 50 Md€ les impôts de production et supprimer 50 Md€ d'aides publiques improductives.

Faisabilité : difficile

David Lisnard

Instaurer une « règle d'or » limitant les déficits sur les dépenses de fonctionnement et ramener la dépense publique de 55,6 % à moins de 50 % du PIB en dix ans, à l'image de la Suède et de l'Allemagne.

Selon Nouvelle Énergie : Comme l'ont montré les exemples de la Suède et de l'Allemagne il est possible de les réduire de 8 points de PIB en 10 ans et de les maintenir en-deçà de 50 %.

Faisabilité : difficile

David Lisnard

Supprimer les impôts de production C3S et CVAE (11,5 Md€) et baisser la fiscalité sur les successions et les donations en augmentant les abattements.

Selon Nouvelle Énergie : La suppression de la C3S... et, le cas échéant, de la CVAE... représenterait 11,5 milliards d'euros qui s'ajouteraient à la baisse de 10 milliards déjà prévue par le gouvernement.

Faisabilité : difficile

Marine Le Pen

Supprimer l'impôt sur la fortune immobilière (IFI) et créer à la place un impôt sur la fortune financière (IFF) excluant la résidence principale.

Selon Fondation iFRAP : Créer l'impôt sur la fortune financière (IFF), inspiré de l'ancien ISF, mais excluant la résidence principale (ou une résidence secondaire au choix).

Faisabilité : réalisable sous conditions

Marine Le Pen

Annoncer un plan d'économies de 125 milliards d'euros sur les dépenses publiques.

Selon Scope Ratings : Plan d'économies de 125 milliards d'euros.

Faisabilité : difficile

Édouard Philippe

Inscrire une règle d'or budgétaire dans la Constitution pour ramener le déficit de plus de 5 % à 2 % du PIB en fin de quinquennat.

« Inscrire dans la Constitution une règle d'or de maîtrise des déficits, et ramener le déficit de plus de 5 % à 2 % du PIB en fin de quinquennat, comme l'ont fait l'Allemagne ou les Pays-Bas. »

Faisabilité : difficile ConstitutionExige de réviser la Constitution

Édouard Philippe

Conclure un pacte fiscal avec les entreprises : baisser de 50 Md€ les impôts de production en échange de 50 Md€ de baisse d'aides publiques jugées improductives.

« Conclure un pacte fiscal inédit avec les entreprises : 50 Md€ de baisses d'impôts de production contre 50 Md€ d'aides publiques improductives en moins, le plus grand choc de compétitivité jamais réalisé. »

Faisabilité : difficile ≥ 10 Md€/anCoût estimé d'au moins 10 Md€ par an

Édouard Philippe

Augmenter fortement les plafonds d'exonération fiscale des donations familiales pendant les trois premières années du quinquennat.

« une augmentation très sensible des plafonds pendant les trois premières années du quinquennat »

Faisabilité : réalisable sous conditions

Gabriel Attal

Atteindre zéro déficit public en dix ans maximum, aucune dépense n'étant taboue.

« L'objectif est clair : zéro déficit en 10 ans maximum. […] Aucune dépense ne doit être un tabou. »

Faisabilité : difficile ≥ 10 Md€/anCoût estimé d'au moins 10 Md€ par an

Gabriel Attal

Poursuivre la baisse du budget des ministères et la réforme du modèle social engagées comme Premier ministre en 2024.

« Comme Premier ministre à Matignon, Gabriel Attal avait engagé en 2024 des économies indispensables sur le budget de l'État, avec une baisse inédite de 10 milliards d'euros du budget des ministères. »

Faisabilité : réalisable sous conditions ≥ 10 Md€/anCoût estimé d'au moins 10 Md€ par an

Nathalie Arthaud

Confisquer les profits des groupes pétroliers et de l'armement et exproprier sans indemnité les actionnaires de ces secteurs plutôt que de faire porter l'effort budgétaire sur les travailleurs.

« Confiscation des bénéfices de ces profiteurs de guerre : les milliards pour les hôpitaux, les écoles, pas pour la guerre ! [...] Expropriation sans indemnité ni rachat de leurs actionnaires en commençant par ceux de l'industrie pétrolière et des industries de guerre ! »

Faisabilité : irréaliste en l'état ConstitutionExige de réviser la ConstitutionUE incertainCompatibilité avec le droit de l'UE incertaine

Nathalie Arthaud

Lever le secret des affaires pour rendre publics les comptes complets des grandes entreprises, y compris leurs filiales et maisons-mères.

« Levée du secret commercial et du secret des affaires pour rendre publics les comptes de ces grandes entreprises, y compris ceux qui sont cachés ! »

Faisabilité : difficile Droit de l'UEContraire au droit de l'UE

Florian Philippot

Financer la réduction du déficit et de la dette publics par les économies et recettes attendues d'une sortie de l'Union européenne plutôt que par une nouvelle hausse d'impôts sur les ménages ou une baisse de la dépense intérieure.

« Malgré un niveau d'imposition record, le déficit public annuel (170 Md€ en 2024) accroît à nouveau la dette de la France. [...] Près de 75 Md€ de recettes annuelles supplémentaires [en sortant de l'UE]. »

Faisabilité : irréaliste en l'état Traités UEExige de changer les traités européens

Florian Philippot

Rétablir l'impôt de solidarité sur la fortune, alléger l'impôt des classes moyennes et l'augmenter pour les plus riches et les grands groupes pratiquant l'évasion fiscale.

« Ils allégeront l'impôt des classes moyennes et l'augmenteront pour les plus riches, notamment par le rétablissement de l'ISF. [...] Appliqué au monde de l'entreprise, ce principe entraînera l'allégement de la charge fiscale des petites et moyennes entreprises et une pénalisation des grands groupes qui pratiquent l'évasion fiscale. »

Faisabilité : difficile

François Asselineau

Réaliser un plan d'économies budgétaires de 27 milliards d'euros par an, notamment en sortant de l'UE et de l'OTAN et en supprimant les conseils régionaux et une partie des parlementaires.

« Nous réaliserons le plus grand plan d'économies budgétaires des 50 dernières années, sans dégrader la qualité des services publics. [...] Suppression des coûts budgétaires liés à notre appartenance à l'Union européenne (12 milliards d'euros par an d'économies) ; Suppression des Conseils régionaux [...] (5 milliards d'euros) ; Suppression des coûts budgétaires liés à notre appartenance à l'OTAN (400 millions d'euros) ; Réduction [...] du nombre de parlementaires de 35 % (120 millions d'euros). »

Faisabilité : irréaliste en l'état ConstitutionExige de réviser la ConstitutionDroit de l'UEContraire au droit de l'UE

François Asselineau

Créer deux nouvelles tranches d'impôt sur le revenu pour les très hauts revenus (au-delà de 250 000 € et 500 000 € par an) et un impôt exceptionnel de solidarité sur les grandes fortunes, en baissant la TVA sur les produits de consommation courante et en la relevant sur les produits de très grand luxe.

« À la création de deux nouvelles tranches d'imposition pour les très hauts revenus (supérieurs à 250 000 € et 500 000 € par an), ainsi que d'un impôt exceptionnel de solidarité pour les quelques dizaines de très grandes fortunes s'étant accrues pendant la crise de la Covid-19. »

Faisabilité : difficile

François Ruffin

Instaurer un impôt sur la fortune global et progressif, en s'opposant à un « impôt sur la fortune financière » jugé trop étroit qui épargnerait les plus grandes fortunes.

« En revanche, les milliardaires ne seront pas touchés. Bernard Arnault ne sera pas touché sur son patrimoine de 192 milliards, ni sur ses 3 milliards de dividendes. […] Pourquoi présentez-vous cet IFF, qui est un leurre ? »

Faisabilité : difficile

François Ruffin

Rendre publics le nombre exact de foyers fortunés qui échappent à l'impôt sur le revenu par optimisation fiscale et les moyens mis en œuvre pour y remédier.

« Ainsi, je demande au ministre de l'Économie : de préciser le nombre exact de foyers fiscaux millionnaires qui ne paient aucun impôt sur le revenu ; d'exposer les principales raisons juridiques et fiscales permettant à ces foyers de ne pas acquitter d'impôt sur le revenu ; et, enfin, de dire clairement les dispositions mises en place […] pour éviter ces mécanismes de fraude fiscale. »

Faisabilité : réalisable

Nicolas Dupont-Aignan

Rétablir un impôt sur les très grandes fortunes, en excluant la résidence principale et en permettant de déduire les investissements dans des entreprises produisant en France.

« Rétablir un impôt sur les très grandes fortunes en excluant la résidence principale et en permettant de déduire tous les investissements dans des entreprises / organismes localisant leur production en France. »

Faisabilité : difficile

Nicolas Dupont-Aignan

Supprimer les droits de succession sur la résidence principale transmise en ligne directe.

« Exonérer les successions en ligne directe sur le montant de la résidence principale et faciliter la transmission d'entreprises en les exonérant de droits de succession et de donation sur 90% de leur valeur. »

Faisabilité : réalisable sous conditions

Nicolas Dupont-Aignan

Récupérer, selon le candidat, jusqu'à 100 milliards d'euros par une lutte renforcée contre la fraude fiscale et sociale (dont 30 Md€ de fraude fiscale et TVA et 20 Md€ de fraude sociale).

« Les fraudes fiscales et sociales se comptent en dizaines de milliards d'€ […] ces fraudes obèrent gravement les ressources de l'Etat et leur réduction génèrerait des profits substantiels de nature à financer de nombreux programmes pour la France. »

Faisabilité : irréaliste en l'état